La vox populi s’est amplifiée hier avec l’inquiétude de la hausse vertigineuse des prix des produits de large consommation. Vérification faite, la réalité est qu’il existe des commerçants et des épiciers qui profitent de la rumeur du relèvement des prix pour vendre leurs produits avec des marges bénéficiaires exagérées.


Ces commerçants qui font ce qu’ils veulent n’existent heureusement pas partout. Pour preuve, on a constaté sur les étals de plusieurs marchés algérois une mercuriale plutôt ordinaire sans commune mesure avec la rumeur de la flambée relayée sans vérification par les réseaux sociaux et des sites électroniques. C’est ainsi que le prix de la viande blanche fluctuait hier entre 260 DA et 270 DA le kilo. Selon les vendeurs interrogés tant au marché Ali-Mellah du 1er-Mai que celui de Nelson à Bab El Oued, la viande blanche était plus chère la dernière semaine de décembre. Elle se situait entre 320 et 330 DA le kilo. La courgette, quant à elle, a vu son prix baisser dans les marchés de 30 DA par rapport à fin décembre 2016, selon les marchands de légumes. Actuellement, elle est cédée entre 120 et 140 DA le kg. La tomate n’a pas connu de variations de prix, elle est actuellement proposée entre 100 DA et 120 DA le kg. Idem pour l’oignon entre 30 et 50DA en fonction de sa qualité. Exception faite pour les haricots verts qui ont connu une légère hausse puisqu’ils sont passés, fin décembre, de 160 DA le kilo en moyenne à 180 DA actuellement, soit une augmentation de 20 DA. Toutefois, les marchands de légumes se montrent rassurants : « Les prix des fruits et légumes vont connaître une baisse considérable dès la mi-janvier. » Ils évoquent deux raisons. La première est qu’« on va entrer dans les produits de saison sous peu à l’instar des fèves et des petits pois ». La seconde concerne les récoltes en fruits et légumes « qui viendront des wilayas du Sud, à l’instar de la tomate, la pomme de terre et le piment ». Toutefois, les citoyens rencontrés, hier, au niveau des marchés ne cachent pas leur amertume quant à « la cherté des produits de première nécessité ». Zohra, une mère de famille de 60 ans, explique que  « même quand il n’y a pas d’augmentation des prix des fruits et légumes, les produits sont déjà à la base chers pour nous ». « On ne peut pas acheter de tomate à 120 DA, des haricots verts à 180 DA et la laitue à 120 DA, on fait un choix. Quand on achète un légume, on n’achète pas l’autre », lance-t-elle avec dépit. Par ailleurs, et s’il n’y a pas eu de hausse des prix des produits de large consommation, ce début d’année 2017, les augmentations dont se sont plaints les citoyens se sont produites fin 2016. Il est ainsi question de l’augmentation des prix de trois produits phares au minimum, le café, le tabac et l’eau minérale. Le café a, en effet, augmenté durant le mois de novembre 2016 et a concerné toutes les marques. L’augmentation est de l’ordre de 40 DA le kilo, soit une hausse de 10 DA le paquet de café de 250 g. L’eau minérale quant à elle a connu une hausse de 10 DA le fardeau. S’agissant du prix du tabac, il a vu une augmentation qui oscille entre 10 et 30 DA le paquet de cigarettes en fonction de la marque.

Les mises en garde de Boulenouar
Mohamed Tahar Boulenouar, le président de l’Association nationale des commerçants et artisans algériens(UGCCA), a estimé hier que la grève des commerçants « n’a pas eu lieu ». Contacté par nos soins, il expliquera que « la grève n’était qu’une rumeur dirigée par les barons de la spéculation pour faire augmenter la demande des consommateurs qui achèteraient les produits en vue de les stocker et eux gagneront sur leur marge bénéficiaire ». Selon lui, « actuellement, tous les marchés de gros et de détail au niveau national sont fonctionnels et assurent la disponibilité des produits le plus normalement du monde en quantité suffisantes et aux mêmes prix ». Dans ce cadre, il mettra en garde contre toute augmentation des prix : « Nous mettons en garde les producteurs et les importateurs qui prennent prétexte sur la loi des finances 2017 pour augmenter les prix des produits débuts 2017 ». Et pour cause, à ses yeux, « il n’y a aucun prétexte pour augmenter les prix avant l’été 2017 ».
« Il existe actuellement un stock national de produits qui peut satisfaire les besoins du marché d’ici fin de l’été 2017 », a-t-il précisé. A son avis, « ce n’est pas normal qu’un importateur ou un producteur, qui dispose d’un stock de produits qu’il a acheté en 2016 va décider d’augmenter son prix début 2017. Le stock de 2016 doit être impérativement écoulé aux prix de 2016 ». Et de s’adresser directement aux commerçants sur un ton des plus fermes : « Non, Messieurs, vous disposez du stock de 2016 qui peut satisfaire les besoins du marché jusqu’à la fin été 2017, donc vous n’avez aucunement le droit d’augmenter vos prix de votre propre initiative et sous aucun prétexte. »