Suite à la hausse vertigineuse des prix des produits de large consommation, nous nous sommes rapprochés du président de l’Association algérienne pour la promotion et la protection du consommateur (AAPPC) Maâmar Bouchekif pour savoir ce que pense son organisation sur cette augmentation qui intervient au lendemain de l’entrée en vigueur de la loi de finances 2017.


Reporters : Des produits alimentaires de large consommation sont touchés par la flambée des prix. Quelle explication faites-vous de ce bouleversement sur les marchés et dans les magasins ?
Maâmar Bouchekif : En ce qui concerne l’association que je préside, nous avons effectué des sorties pour vérifier s’il y a des augmentations des prix des produits sur les marchés. Pour le moment, nous n’avons rien constaté d’anormal ni relevé des prix exagérés. Cela dit, s’il s’avère que des consommateurs sont témoins de dépassements de commerçants, il serait plus utile qu’ils nous contactent pour nous aider à mieux agir et à solliciter les pouvoirs publics par le dépôt de plaintes notamment. D’ici là, il y a lieu de rappeler que nous avons sur le marché deux types de produits, ceux qui sont à des prix réglementés et ceux qui sont à des prix libres. Sauf délit et non-respect de la loi, il ne peut y avoir de hausse des prix réglementés. Ces derniers sont d’ailleurs constamment surveillés par les services du ministère du Commerce qui veillent à leur respect. Les produits à prix libres répondent, quant à eux à la règle de l’offre et de la demande. C’est eux qui connaissent des fluctuations importantes en relation avec la réalité du marché.

Tout semble être parti de la loi de finances 2017, qui a provoqué une certaine panique chez les consommateurs…

Oui, sauf que la loi de finances ne prévoit pas de hausse des prix de tous les produits. Les produits alimentaires de base sont, au contraire, protégés et restent largement subventionnés par l’État. Il ne faut donc pas rejeter la faute sur cette loi mais regarder en direction des opérateurs qui font dans l’arbitraire et pratiquent des prix exagérés sans relation avec la loi. Pour le reste des produits, il va de soi que les prix sont impactés par la crise économique que nous vivons actuellement. Je crois savoir que le dinar a connu un glissement de 30% en 2016. La faiblesse de la monnaie nationale se répercute sur le pouvoir d’achat du consommateur, à plus forte raison quand il s’agit de produits non subventionnés ou importés.

Dans le cas de pratiques spéculatives sur les prix subventionnés par l’Etat, que peut faire une association comme la vôtre pour la protection du consommateur ?
Les consommateurs confondent souvent notre rôle avec celui des services de contrôle du ministère du Commerce. Nous n’avons pas un rôle de contrôle mais d’information, de sensibilisation et de dénonciation. La raison est que sur le plan juridique nous n’avons pas la prérogative de contrôle. Notre mission, importante, faut-il le souligner, consiste alors à alerter les commerçants et à les sensibiliser contre les dépassements et la tentation de chercher des marges élevées et contraires aux règles de fonctionnement normal du marché. Si ces commerçants font la sourde oreille, on procède différemment en contactant les services de contrôle du ministère du Commerce. Ils sont habilités par la loi à agir et sanctionner les commerçants indélicats.

Pouvez-nous parler des actions de veille et de sensibilisation que vous avez opérées en 2016…
Cela fera l’objet d’un bilan en cours de préparation et qui sera communiqué aux médias dans une conférence de presse que nous allons organiser prochainement.