La grève générale observée depuis ce matin par les commerçants de la wilaya de Béjaïa, pour dénoncer les mesures d’austérité prises dans la loi de finances 2017, n’a pas tardé à dégénérer.


De violents affrontements entre de jeunes manifestants et les forces de police ont éclaté, vers 12H, au niveau du chef-lieu de wilaya. L’étincelle est partie depuis le quartier de l’Edimco, dans l’ancienne zone industrielle d’Ihaddaden, lorsqu’un groupe de jeunes déjà chauffés à blanc se sont accrochés avec un transporteur de voyageurs assurant une desserte urbaine. Malheureusement, ce qui était une simple altercation verbale a vite tourné au vinaigre. Très emportés, les jeunes manifestants s’en sont pris au minibus en le saccageant à coups de pierres. Cet incident ne tardera pas à donner lieu à des émeutes qui nous rappellent les scènes de violences ayant émaillé les douloureux événements de Kabylie dits  « Printemps noir 2001 ». L’intervention musclée des renforts de la Compagnie nationale de sécurité (CNS) relevant de la Sûreté nationale n’a fait que mettre le feu aux poudres. Des affrontements éclatent du côté de l’Edimco, avant de se propager au quartier populaire de Nacéria, jouxtant le siège de la wilaya. Des jets de pierres et autres projectiles contre les gaz lacrymogènes. En l’espace de quelques minutes, le rond-point de Naceria se transformera en une véritable arène. Hormis les forces de l’ordre et quelques grappes de manifestants, qui échangent des hostilités à fleurets mouchetés, la capitale des Hammadites offrait l’image d’une ville morte. Après la fermeture des commerces, dans la matinée, c’est la paralysie totale. Les transporteurs ont cessé leur activité, la circulation automobile a fortement baissé, du moins dans le centre-ville de Béjaïa. Selon certains jeunes manifestants que nous avons rencontrés en ce début d’après-midi, les services de sécurité auraient arrêté quelques émeutiers. Une information que nous n’avons pu ni confirmer ni infirmer du côté des officiels qui étaient aux abonnés absents. Par ailleurs, on nous a signalé quelques escarmouches au niveau de Backaro, dans la périphérie de la ville côtière de Tichy, où un groupe de jeunes a procédé à la fermeture de la RN9 pour protester contre la cherté de la vie. Même constat dans la matinée à Sidi Aïch, où des jeunes en colère ont bloqué la RN26 durant toute la matinée, au niveau de l’entrée ouest de la ville. A noter que le mot d’ordre de grève générale a été largement suivi par les commerçants de la vallée de la Soummam.
Excepté les pharmacies et quelques boulangeries, la quasi totalité des commerces a baissé rideau à Tazmalt, Akbou, Ouzellaguen, Seddouk, Takrietz, Sidi Aïch, Amizour, El Kseur…