Le cessez-le-feu en vigueur en Syrie depuis la nuit du jeudi 29 au vendredi 30 décembre a été approuvé samedi par le Conseil de sécurité de l’ONU.

Celui-ci a adopté à l’unanimité une résolution soutenant l’initiative Russo-turc qui a mené à cette trêve, et doit conduire à des négociations entre le régime et les rebelles.

Le Conseil de sécurité «accueille avec satisfaction et soutient les efforts» pour la paix de Moscou et Ankara, et «prend note» de l’accord de cessez-le-feu conclu le 29 décembre. Le texte ne dit en revanche rien des modalités de la trêve et des négociations à venir. Plusieurs pays membres du Conseil de sécurité avaient demandé des précisions sur la surveillance du cessez-le-feu, le rôle de l’ONU et l’accès humanitaire. Il faut dire que le cessez-le-feu a été globalement respecté depuis son entrée en vigueur, mais quelques violations ont été constatées. Des frappes aériennes du régime ont visé des territoires rebelles près de Damas, conduisant plusieurs groupes rebelles à menacer de mettre fin à la trêve, dans un communiqué commun. Par ailleurs, c’est la première fois, depuis le début de la guerre en Syrie, que les Etats-Unis sont écartés des discussions sur un cessez-le-feu. A cet effet, dans leurs explications de vote, les représentants américain, français et britannique ont déploré que certains détails de l’accord russo-turc ne leur aient pas été communiqués, comme la liste précise des groupes armés concernés par le cessez-le-feu. «Le texte de l’accord russo-turc présenté au Conseil (…) comporte toujours des zones d’ombre», a critiqué l’ambassadeur adjoint français Alexis Lamek. Les trois diplomates occidentaux ont aussi dénoncé la poursuite par les forces gouvernementales syriennes d’une offensive contre la région de Wadi Barada près de Damas, malgré l’entrée en vigueur du cessez-le-feu. Leur collègue russe Vitali Tchourkine leur a reproché de «compliquer les choses, de chercher à instiller le doute (.) et de rabâcher des clichés d’un autre temps». «Travaillons ensemble (..) afin de parvenir en 2017 à un règlement politique de la crise en Syrie», a-t-il ajouté. Devant les réticences de plusieurs de ses partenaires, la Russie avait modifié son projet de résolution initial. Dans les premières moutures, le Conseil «entérinait les documents mis au point avec la médiation de la Russie et de la Turquie» et demandait qu’ils soient «mis en oeuvre de manière pleine et immédiate». «Nous ne voulons pas entériner un accord dont nous ne comprenons pas toutes les implications», avait prévenu juste avant les consultations l’ambassadeur néo-zélandais Gerard van Bohemen. Il avait réclamé «davantage de clarté sur ce que contient l’accord et sur la manière dont il s’articule avec le processus onusien» de médiation. Il y a lieu de rappeler que les groupes Etat islamique et Fateh al-Cham (l’ex front Al-Nosra, émanation d’Al-Qaïda) sont exclus de cet accord de cessez-le-feu. Ce Cessez-le feu doit être le prélude à des négociations de paix prévues fin janvier au Kazakhstan sous l’égide de Moscou et de Téhéran, parrains du régime, et la Turquie, soutien des rebelles.Le conseil de sécurité indique enfin que « Ces négociations sont une étape majeure en vue de la reprise de négociations sous l’égide de l’ONU» le 8 février 2017 à Genève ». Il réclame aussi un accès humanitaire «rapide, sûr et sans entrave» aux populations civiles.