Hier, la décision de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) de réduire sa production de 1,2 million de barils par jour (mbj), décidée fin novembre dernier à Vienne (Autriche), est entrée en vigueur.

Prise à Alger en septembre dernier, en marge du 15e Forum international de l’énergie, l’initiative de l’Opep, rejointe par la Russie, pays non membre de l’Organisation, consiste à réduire, à partir du 1er janvier 2017 durant six mois renouvelables, la production du brut à 32,5 mbj pour stabiliser le marché et les cours de l’or noir.
En effet, la Russie a décidé de réduire la sienne de 300 000 barils par jour (bj) au premier semestre de l’année 2017. Le Mexique a promis une réduction de 150 000 bj. Onze pays non- Opep se sont avancés sur une coupe dans leur production de 600 000 bj. Ainsi, globalement, les pays producteurs d’or noir pourraient baisser leur part de 1,8 mbj. Suite aux déclarations des uns et des autres, les prix ont dépassé les 50 dollars. Ils ont clôturé l’année 2016 à plus de 56 dollars pour le Brent à Londres et près de 54 dollars à New York. Seuls les Etats Unis verraient leur part de marché croitre de 0,2 mbj durant l’année en cours avec une production de 56,8 mbj en 201. Pour revenir aux pays membres de l’Opep, l’Arabie saoudite, premier producteur avec 10,72 mbj a décidé une coupe de 486 000 bj, le Koweit s’est engagé pour environ 131 000 bj de moins sur une production de 3 mbj, sur une production de 3,15 mbj les Emirats arabes unis (EAU) son quota est de 139 000 bj, le Qatar s’est avancé sur une réduction variant entre 700 000 et 800 000 bj. L’Iran, exempte de cet accord, a pris l’engagement sur une réduction de 210 000 bj. Seul l’Iran, qui est exclu de la décision d’Alger, a été autorisé d’augmenter sa production de pétrole de 90 000 bj.
En tant que 3e producteur africain, l’Algérie réduira sa part de 50 000 bj sur 1,1 mbj. Le numéro du Continent, l’Angola coupera de 78 000 bj sur 1,8 mbj alors que le Gabon s’est porté sur un quota de 9 000 bj. Avec une production de 1,5 mbj, le Nigeria, quant à lui, n’est pas concerné par la réduction.
Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la planète a pompé à un niveau record de 98,2 mbj, soit 470 000 bj de plus en une année. L’Opep a produit, quant à elle, 34,2 mbj en novembre dernier. A l’origine de l’inondation du marché sont l’Angola (1,8 mbj), la Libye (900 000 bj), le Nigeria (1,5 mbj) et l’Arabie saoudite (10,72 mbj) avec une augmentation pour ce dernier avec un record de 70 000 bj à 10,63 mbj.

Un baril à 60 dollars à fin 2017, objectif de l’Opep
En 2017, selon l’AIE, représentante des pays consommateurs, la demande mondiale devra croitre notamment en Chine avec 11,9 mbj. La consommation va augmenter de 1,3 mbj pour atteindre 97,6 mbj. En 2016, elle a haussé de 1,4 mbj pour atteindre 96,3 mbj. Pour contrôler le respect des coupes, un comité, présidé par le Koweït, a été installé en vue de superviser la mise en application de l’accord aussi bien par les pays de l’Opep que non-Opep. Ce comité comprend des représentants de l’Algérie, du Venezuela et de deux pays non membres de l’Opep, dont la Russie.Le Venezuela, quant à lui, a annoncé récemment qu’il compte proposer un système de fixation des prix du baril de pétrole pour une stabilité des cours pour une période de10 ans. L’Opep a été créée, en septembre 1960, à Baghdâd, par l’Arabie Saoudite, l’Iran, l’Irak, le Koweït et le Venezuela. Au 1er janvier 2016, l’Organisation comptera 13 membres : les 5 membres fondateurs auxquels se sont ajoutés le Qatar (1961), l’Indonésie (1962-2005, 2016- ), la Lybie (1962), les Emirats arabes unis (1967), l’Algérie (1969), le Nigeria (1971), l’Equateur (1973-1992, 2007- ) et l’Angola (2007). Le Gabon, qui avait rejoint l’Opep en 1975, a quitté l’Organisation en 1995 pour la réintégrer en 2016. Cette organisation table sur des cours atteignant 60 dollars d’ici à fin 2017 mais au moment où nous mettons sous presse, aucun pays producteurs n’a annoncé le début des coupes respectives.