« La Turquie poursuit sa lutte contre le terrorisme. Elle est déterminée à faire tout le nécessaire pour assurer la sécurité de ses citoyens et éradiquer les menaces terroristes à leur source », a indiqué hier le président Recep Tayyip Erdogan.

Les attaques menées par différentes organisations terroristes contre la Turquie « ne sont pas isolées des événements qui secouent la région », a-t-il ajouté quelques heures après l’attaque ayant visé, dimanche, la discothèque La Reina à Istanbul. Les parties qui ciblent la sécurité de la Turquie « tentent, en coopération avec leurs supplétifs, de faire régner le chaos et l’instabilité dans le pays » en lançant des attaques barbares contre les civils et « visent à atteindre le moral du peuple ».
Le pays ne permettra pas « la réussite des abjects complots ourdis contre nous », a assuré le chef de l’Etat, soulignant que « toute vie perdue à cette étape ne fait que renforcer notre détermination ». Le discours du chef de l’Etat turc n’est pas que de circonstance. Il signale que la Turquie a vécu durant 2016 une année terrible et un cycle meurtrier enclenché dès janvier dernier et portant la marque présumée soit des terroristes de l’organisation Etat islamique (Daech) soit des rebelles kurdes du PKK ou d’autres groupes moins connus.
Ainsi, le 12 janvier 2016, 12 touristes allemands sont tués lors d’un attentat-suicide dans le quartier touristique de Sultanahmet, au cœur d’Istanbul. L’attaque est attribuée à Daech. Un mois après, le 17 février, une voiture piégée conduite par un kamikaze fait 28 morts et 80 blessés à Ankara. L’attaque, visant des militaires, est revendiquée par les TAK. Le 13 mars, un attentat à la voiture piégée à Ankara fait 35 morts et plus de 120 blessés. Il est revendiqué par les Faucons de la liberté du Kurdistan, les TAK. Le 19 mars, 4 touristes (3 Israéliens et 1 Iranien) sont tués et 36 personnes sont blessées par un kamikaze devant un centre commercial de la grande avenue piétonne Istiklal, à Istanbul. Les autorités accusent l’EI. Au début de l’été, le 7 juin, 11 personnes, dont 6 policiers, perdent la vie dans un attentat à la voiture piégée visant un car de policiers antiémeute à Beyazit, quartier historique d’Istanbul. Il est revendiqué par les TAK. Le 28 juin, 47 personnes, dont des étrangers, sont tuées dans un triple attentat-suicide à l’aéroport international Atatürk d’Istanbul. L’attaque, non revendiquée, est attribuée à l’EI. Vers la fin de l’été, le 20 août, une cinquantaine de personnes sont tuées par un kamikaze lors d’un mariage à Gaziantep. Le président Recep Tayyip Erdogan accuse l’EI. Six jours après, le 26, 11 policiers sont tués dans un attentat-suicide à la voiture piégée à Cizre, à la frontière syrienne, revendiqué par le PKK. Durant l’automne, le 9 octobre, 18 personnes meurent dans l’explosion d’une camionnette piégée devant un poste de police de Semdinli, au Kurdistan, attribuée au PKK. Moins d’un mois après, le 4 novembre, l’explosion d’une voiture piégée fait 9 morts, dont 2 policiers, devant un poste de police de Diyarbakir, « capitale » du sud-est à majorité kurde. Attribué au PKK, cette attaque est revendiquée par l’organisation de l’Etat islamique, puis par les Faucons de la liberté du Kurdistan.
Le 24 novembre, un attentat à la voiture piégée fait 2 morts et 33 blessés sur le parking du gouvernorat d’Adana, au sud du pays. Le 10 décembre, un double attentat dans le centre d’Istanbul fait 44 morts et une centaine de blessés. Une voiture piégée a explosé près du stade de football de Besiktas au passage d’un car de policiers, et un kamikaze s’est fait exploser moins d’une minute plus tard au milieu d’un groupe de policiers dans un parc voisin. L’attentat a été revendiqué par les Faucons de la liberté du Kurdistan. Le 17 décembre dernier, au moins 14 soldats turcs sont tués et des dizaines de personnes blessées dans un attentat-suicide attribué au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui a visé un bus transportant des militaires à Kayseri, dans le centre de la Turquie.
Le 19 décembre, l’ambassadeur russe, Andreï Karlov, est tué à bout portant par un jeune policier turc de la police antiémeute. Le diplomate russe a été assassiné alors qu’il prônait un discours lors de l’inauguration d’une exposition au Centre d’Art moderne d’Ankara.