L’équipe nationale traverse des averses. Dès lors, la navigation devient délicate comme le prouvent les récents résultats.

Le sélectionneur des Verts, George Leekens, a opté pour une nouvelle manœuvre. Samedi, un coup de tonnerre a retenti lorsque la liste des 23 Fennecs retenus pour la Coupe d’Afrique des nations 2017 (14 janvier – 05 février au Gabon) a été rendue publique. Sofiane Feghouli ne sera pas de la messe ainsi que l’habituel capitaine Carl Medjani victime d’une mise à l’écart éclair. Lecture d’un casting inédit avec des choix forts et inattendus.

Après le rocambolesque épisode de la « liste des 31 », passée étrangement à 32 dans les 24 heures qui ont suivi sa publication, l’écrémage pour en tirer les 23 éléments concernés par la CAN 2017 fera certainement couler beaucoup d’encre avant et, peut-être même, après le tournoi gabonais. Les choses semblent aller très vite en cette période peu faste que connaît notre sélection. Les espoirs de la balle ronde Dz reposeront sur 23 éléments. De nouvelles têtes qui n’ont jamais évolué avec les « A » à l’instar des Benyahia (USM Alger), Belkhiter (Club Africain/Tunisie), Rahmani (MO Béjaïa) mais aussi des (très) anciens qui ne verront pas le Gabon. De l’absence presque incompréhensible de Carl Medjani au choix logique de laisser Sofiane Feghouli à la maison, Leekens détiendrait des arguments pour justifier la non-convocation du dernier nommé mais pas de celui qui portait le brassard rien que face au Nigeria le 12 novembre dernier (défaite 3-1). Il s’agit là de deux cadres qui disputent habituellement tous les tournois majeurs avec l’EN. Carl Medjani (53 sélections/ 3 buts) compte deux Coupes du monde (2010 et 2014) et deux CAN (2013 et 2015) à son actif contre un Mondial (2014) et deux épreuves africaines (2013 et 2015) pour « Soso » (42 capes/11 réalisations). De l’expérience dans les bagages pour ceux qui sont respectivement capitaine et son suppléant dans la hiérarchie.

Feghouli entre le «Hammer» et l’enclume
Pour Sofiane Feghouli, le temps de jeu très réduit a joué clairement en sa défaveur. En manque de confiance et peu compétitif, le sociétaire de West Ham United reste très loin de son niveau et les standards qu’il présentait ces dernières années. Malgré la mésaventure londonienne avec les « Hammers », l’ancien de FC Valence ne pensait certainement pas ne pas être dans l’avion qui s’envolera le 12 du mois en cours à Franceville. Il se voyait déjà dans l’ambiance du rendez-vous sur lequel il comptait certainement pour rebondir et prouver qu’il a toujours du ballon dans le magasin. Rien que vendredi dernier, avant de se rendre, avec son team, à Leicester défier ses compatriotes Mahrez et Slimani, Feghouli évoquait l’épreuve gabonaise. « On va tout faire pour bien préparer cette compétition, de bien connaître nos adversaires et de se montrer résolus à réussir notre CAN. Je suis, à présent, concentré sur ce match contre Leicester. C’est un match contre deux coéquipiers, deux frères, et c’est toujours un plaisir de jouer contre eux. Nous sommes en pleine confiance après le succès réalisé face à Swansea. J’espère qu’on va le gagner et rendre nos supporters heureux », s’était-il projeté. Une déclaration qui montre que l’ex-Valencian n’imaginait à aucun moment ne pas figurer parmi les heureux élus. Sa déception serait certainement énorme. En plus du volet purement sportif, Feghouli s’est illustré par des déclarations peu sobres à l’encontre des générations passées de l’équipe nationale. Des propos, dont les répercussions ne seraient pas anodines dans cette décision. Sans ce dérapage, il aurait peut-être eu un sursis.

Medjani, le capitaine déchu
Les sorties médiatiques des «Guerriers du Sahara» semblent décider grandement de leur sort. Petit rappel, au sortir du match contre les Nigérians, Carl Medjani s’était présenté face à la presse en mettant les points sur les « i » avec une petite analyse personnelle : « cela fait longtemps qu’on nous considère comme étant une grande équipe, mais moi, je dis qu’on ne l’est pas encore, il faut travailler encore très dur pour arriver au niveau qu’on cherche à atteindre», avait-il jugé. Au moment où il tirait les choses au clair, celui qui a été recruté cet été par le Club Deportivo Leganés ne pensait sûrement pas qu’il était en train de mettre sa carrière internationale entre parenthèse. De porte-parole et capitaine, Medjani s’est retrouvé littéralement en dehors des plans de son coach. Une précipitation des choses qui suscite maintes interrogations sur les raisons réelles de cette démarche. Cependant, selon des indiscrétions, certains éléments se sont désolidarisés avec lui après avoir critiqué ouvertement et sans ménagement Hichem Belkaroui dans les vestiaires lui reprochant son mauvais alignement sur le premier but du Nigéria. Une attitude que des éléments ayant du poids au sein du « Club Algérie »ont fortement déplorée. Par conséquent, il a été décidé de ne pas prendre un joueur ne faisant pas l’unanimité auprès de tout le monde afin de préserver la stabilité et la sérénité durant la CAN.

Idris Sâadi ne sera pas d’attaque
Un autre choix surprenant, celui de ne pas prendre l’attaquant Idris Saâdi après avoir accéléré les démarches administratives pour qu’il puisse être sélectionnable. S’il a eu le feu vert de la Fifa, l’actuel meilleur buteur de la Jupiler League (championnat belge), n’a pas eu la bénédiction du driver national. Tout un boucan autour de l’avant-centre de Courtrai pour, au final, se passer de ses services. Mais les autres choix en attaque ne sont pas des moindres avec la présence du prometteur Baghdad Bounedjah et de l’éventreur Islam Slimani. Il y aussi Hilal Soudani, meilleur buteur de l’EN lors des éliminatoires pour la CAN (7 buts en 6 matchs), ainsi que le talentueux Sofiane Hanni qui évolue avec Anderlecht. Des postulants qui ont fait oublier le « zapping » de Saâdi.

La meilleure attaque c’est… la défense
Si le potentiel offensif est indéniable, celui en défense reste expérimental avec une arrière-garde plus que jamais chamboulée. Surtout après s’être passé des services de Medjani qui dépannait dans l’axe. De nouveaux visages avec 5 défenseurs centraux de métier (Bensebaïni, Mandi, Belkaroui, Cadamuro, Benyahia), deux latéraux droit (Meftah et Belkhiter) et deux arrières-gauche à savoir le revenant Mesbah et Ghoulam, titulaire du poste. Il y a aussi Mehdi Abeid qui a le profil pour évoluer comme sentinelle devant la défense. Sachant que le temps pour constituer une arrière-garde solide sera très restreint, Leekens a choisi la densité pour combler les brèches. Avec 8 buts en 6 sorties pour l’année 2016, les voyants sont au rouge pour la dernière ligne. Un très probable 5-4-1, ou 4-5-1, pour essayer de contenir les adversaires, sera prôné par le technicien belge. Il faudra peut-être se contenter d’une équipe réaliste qui procède en contres pour espérer aller au bout. Le sélectionneur des Verts nous en dira un peu plus ce matin (11h00), lors d’une conférence de presse qu’il animera à l’OCO du 5-Juillet 1962, sur ses choix et les objectifs fixés.