Loin des feux des projecteurs des médias et des indiscrétions des fidèles, le décor ambiant des prochaines joutes électorales se met déjà en place dans les villas et les bureaux silencieux et discrets des responsables de parti.

Des ministres, soucieux de préserver leur siège au sein du gouvernement ou pour rester dans le giron du gouvernement, devront se présenter aux prochaines élections législatives. Conformément à la loi électorale, ils devront quitter leur poste, au moins trois mois avant l’échéance des élections. Certains de ces ministres, méconnus ou mal appréciés dans leur wilaya de résidence ou de naissance, par leurs propres militants, seront amenés à se présenter en tant que tête de liste dans des wilayas de leur choix. C’est le cas pour le ministre de la Santé, Abdelmalek Boudiaf, qui serait candidat à Oran. Wilaya dans laquelle il a été wali pendant un certain temps et où il jouit de la sympathie de la presse locale et de certaines associations. M. Nouri, ministre du Tourisme, serait lui aussi amené à se présenter dans la wilaya de Tlemcen ou celle d’Aïn Defla. Pas d’informations au sujet de l’actuel ministre de l’Intérieur qui, lui aussi, jouit d’une popularité exemplaire dans la wilaya de Constantine. Nouria Benghebrit, ministre de l’Education nationale, Bakhti Belayeb, ministre du Commerce ne seraient pas « chauds» pour une nouvelle aventure au sein du gouvernement. Pour les autres, wait and see ! Le scénario est déjà écrit et il ne manque que les petites retouches, entonne-t-on çà et là du côté des mécontents et des farouches partisans dans l’expectative et l‘incertitude des lendemains électoraux. En fait, l’ambiance électorale prochaine ne devrait pas trop changer par rapport aux précédentes éditions. Les récentes batailles rangées, annonciatrices de troubles et de tensions dans les rangs des bases respectives des principaux partis politiques, donnent un avant-goût de ce que vont être ces prochaines élections. Des échos persistants des réunions préliminaires des patrons de parti, faiseurs de listes et ingénieurs de la future composante de l’Assemblée nationale, parviennent malgré tout. Pendant ce temps, au FLN comme au RND, les rivalités s’exacerbent et les cercles se referment autour des nantis et des militants de bonnes grâce. Dans les deux principaux partis, l’on annonce des mesures restrictives pour interdire les triplés, voire même pour certains députés « défaillants » de ne plus se représenter pour un deuxième mandat. Dans les QG de ces deux partis, on assiste à une véritable purge des intrus et des insoumis. Un remue-ménage politico-organique qui tend à asseoir une nouvelle organisation et à s’assurer de la fidélité des futurs députés. Des députés de la majorité parlementaire font leur mea culpa, prennent leurs distances vis-à-vis des mesures votées par le Parlement, jurant n’avoir pas voté ou levé la main… Voilà, le décor est planté, place aux joutes.