Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu jeudi à minuit, les violences, même si elles ont baissé d’intensité et restent sporadiques, n’ont pas cessé en Syrie et ont fait des victimes.

C’est ce que rapportent hier les agences de presse sur la base des indications fournies par l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), seule source réellement disponible mais fortement critiquée en raison du reproche qui lui est fait d’être hostile au régime de Damas et diffuser des informations empreintes de fortes subjectivités… Dans le contexte compliqué syrien, cependant, nombreux sont les groupes armés qui ne reconnaissent pas les trêves concluent et continuent le coup de feu. Sur le front nord, selon l’OSDH, le régime a mené le matin des raids aériens sur la localité d’Atareb, en territoire rebelle près d’Alep, quelques heures après la mort de deux enfants par des tirs de l’armée contre des zones rebelles à l’ouest d’Alep. Quatre civils et neuf rebelles ont péri depuis le début du cessez-le-feu, qui exclut les groupes jihadistes Etat islamique (EI) et Fateh al-Cham, a précisé l’ONG. Samedi dernier dans la soirée, des rebelles ont tiré une vingtaine d’obus sur les localités prorégime Foua et Kafraya dans la province d’Idleb (nord-ouest). A Tartous (ouest), contrôlée par le régime, deux kamikazes ont fait exploser leur ceinture explosive à un barrage militaire tuant deux soldats, selon l’OSDH. Dans la Ghouta orientale, à l’est de Damas, que le pouvoir cherche à reconquérir, des tirs ont été échangés entre les deux belligérants. Comme lors des précédentes trêves, qui avaient volé en éclats après quelques jours, l’alliance des groupes rebelles avec Fateh al-Cham (ex-branche d’Al-Qaïda) rend très difficile une application du cessez-le-feu. Très affaiblis, ces groupes rebelles ne pourront se distancier de leurs compagnons d’armes au Fateh al-Cham, une organisation mieux équipée et armée omniprésente dans les régions qui restent sous leur contrôle. En revanche, le groupe Etat Islamique (EI), opère seul dans les zones conquises dans le nord syrien et continue d’être la cible de raids de différentes armées de l’air -russe, américaine, turque et syrienne.